Déréalisation / dépersonnalisation : la véritable cause

Le trouble de déréalisation / dépersonnalisation se caractérise par un sentiment d’irréalité ou d’étrangeté par rapport au monde extérieur (déréalisation) ou par rapport à soi-même (dépersonnalisation). En comprendre les véritables causes permet de cibler les bonnes solutions à mettre en place pour en sortir.


La déréalisation / dépersonnalisation : un mécanisme normal du cerveau

Vivre un épisode de déréalisation / dépersonnalisation est un phénomène beaucoup plus courant qu’on ne le pense. En effet, une personne sur deux rapporte avoir déjà expérimenté ces sentiments de déconnexion ou d’irréalité. Il est très fréquent de ressentir ces étranges sensations lors de situations d’urgence (un incendie ou un accident de voiture, par exemple) ou de grand stress.

Par exemple, je me souviens bien de la toute première fois où j’ai ressenti les symptômes de la déréalisation / dépersonnalisation. C’était au cours d’une présentation orale que je devais effectuer devant une centaine de personnes.  A peine ai-je commencé à prendre la parole que ma vision s’est floutée, tout autour de moi m’a soudainement semblé lointain et irréel…. Mes mots semblaient sortir tout seul de ma bouche. C’est comme si mon corps bougeait et parlait à ma place, tandis que moi, je n’étais “plus là”.

En fait, la déréalisation / dépersonnalisation est un mécanisme de défense normal que le cerveau met en place pour se protéger d’un trop grand stress. Dans mon cas, prendre la parole devant un amphithéâtre relevait presque de la phobie. Mon cerveau a alors jugé préférable de me « déconnecter » de cette situation trop angoissante pour moi.

Face à un niveau d’anxiété trop élevé, le cerveau se déconnecte temporairement de ce qui est trop difficile à gérer : soit il prend de la distance par rapport à une réalité insoutenable (déréalisation), soit il anesthésie nos émotions et sensations internes  (dépersonnalisation). Ainsi, une scission se crée en nous au niveau psychologique (c’est pour cela qu’on parle de trouble dissociatif) pour nous protéger. 

Normalement, ce mécanisme de défense devrait être de courte durée. Il devrait s’estomper dès que la situation stressante est passée. Ainsi, aussitôt que ma présentation orale fut terminée, ma vision est redevenue normale. Seulement, dans certains cas, l’épisode de déréalisation / dépersonnalisation peut se prolonger et devenir chronique. On parle alors de trouble de déréalisation / dépersonnalisation. 

Les facteurs déclencheurs du trouble de déréalisation / dépersonnalisation 

La plupart du temps, le trouble de la déréalisation / dépersonnalisation apparaît :

  •  suite à un événement traumatique  

Un événement traumatique peut être à l’origine du trouble. Il peut s’agir d’une crise d’angoisse particulièrement sévère, d’un bad-trip suite à l’ingestion de drogue, d’un grave accident de voiture, d’un abus sexuel ou physique,…

Dans ce cas, le niveau de stress engendré par l’événement est tellement élevé que le cerveau a besoin de temps pour rétablir son équilibre normal. Ainsi, les symptômes de déréalisation / dépersonnalisation peuvent se prolonger même après que l’événement soit passé.

  • suite à une période de stress prolongée

Parfois, il ne semble pas y avoir d’événement spécifique qui aurait signé le début du trouble de déréalisation / dépersonnalisation. En creusant un peu, pourtant, on peut souvent observer que le trouble a commencé à s’installer après une période particulièrement éprouvante sur le plan émotionnel ou physique. On peut également retrouver une anxiété de fond qui dure depuis des années. Le cerveau baignant dans du stress depuis trop longtemps, il nous déconnecte pour nous prémunir d’un épuisement total.

La véritable cause du trouble de déréalisation / dépersonnalisation 

Le véritable problème est le cercle vicieux qu’engendre la déréalisation / dépersonnalisation. Face à ces symptômes très déconcertants, on commence à s’inquiéter et à se poser mille questions : “Mais qu’est ce qu’il m’arrive ?”, “Suis-je entrain de devenir fou ?”, “Vais-je revenir un jour à la normale ?”.

Ainsi, toutes ces pensées créent une dose d’anxiété supplémentaire qui freine le retour à l’équilibre du cerveau. Vous voyez un peu le piège : le cerveau met en place un mécanisme de défense pour se protéger de l’anxiété, sauf que ce mécanisme devient lui-même source d’anxiété. 

Ce qu’il est important de comprendre, c’est que dans tous les cas, c’est l’anxiété qui est l’origine du trouble et qui le fait perdurer. Chercher le facteur déclencheur de la déréalisation / dépersonnalisation n’est pas si important. Qu’il s’agisse d’un choc émotionnel, de la prise d’un stupéfiant ou d’un surmenage, la procédure à appliquer pour guérir sera la même. Quand le symptôme devient chronique, c’est qu’il y a une anxiété permanente qui le fait perdurer. Guérir passe donc par diminuer ce niveau d’anxiété. 

Maintenant, place aux solutions :Déréalisation / Dépersonnalisation : les solutions !

Si vous souffrez ou avez souffert de déréalisation / dépersonnalisation, n’hésitez surtout pas à partager vos expériences et conseils dans les commentaires ci-dessous 🙂 

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *