Témoignage de guérison déréalisation dépersonnalisation

Déréalisation / dépersonnalisation : le témoignage de guérison de Lucile

Le trouble de déréalisation / dépersonnalisation se caractérise par un sentiment d’irréalité ou d’étrangeté par rapport au monde extérieur (déréalisation) ou par rapport à soi-même (dépersonnalisation). Les personnes qui en souffrent se découragent facilement face aux témoignages négatifs présents sur internet. J’ai donc décidé de recueillir des témoignages de guérison pour contrebalancer un peu tout ça. Lucile a généreusement accepté de m’aider dans cet objectif. Elle nous raconte sa victoire face à la déréalisation / dépersonnalisation 🙂

 

Coucou Lucile, un grand merci d’avoir accepté de partager ton témoignage de guérison. Peux-tu te décrire en quelques mots ? 

Déréalisation Dépersonnalisation témoignage guérison LucileJ’ai 34 ans, je suis maman d’un petit garçon de 4 ans, j’ai un compagnon avec qui tout se passe bien. D’un point de vue extérieur, je suis une personne qui a tout pour réussir:  un statut de responsable, des amies qui m’aiment, une maison sur la rochelle… j’ai même un chien…c’est dire à quel point je rentre dans toutes les cases.

J’aime lire, j’aime apprendre, j’aime la peinture, j’expose de temps en temps mes toiles et j’ai monté un statut auto entrepreneur pour réaliser des ateliers de peinture intuitive.

D’un point de vue enfance: globalement bien, deux parents aimants, une vie de famille stable. Mais des gros problèmes à l’entrée au CP : très timide et très sensible, j’ai développé une peur globale, de l’école, des autres enfants, ce qui en a découlé une timidité. Bref, pactole complet de la petite fille qui sait pas pourquoi elle doit aller à l’école et qui cherche de l’affection de ses professeurs. Un besoin intense d’être rassurée, d’être aimée.

Comment la déréalisation / dépersonnalisation est entrée dans ta vie ? 

Je dirai que j’ai traversé la première période de mal être associée avec de la déréalisation / dépersonnalisation durant ma petite enfance, mais je ne savais pas trop ce que cela signifiait… Mes parents m’ont emmenée voir des psychologues, qui disaient de moi  « Lucile est une éponge, elle absorbe les émotions », « Elle fait de l’angoisse généralisée », bref tout un tas de truc, en gros j’avais de l’angoisse…

Ma vraie première phase où j’ai mis des mots dessus s’est passée lors d’une période de chômage à 23 ans à peu près. Là, tout est remonté : angoisse = peur = symptômes de déréalisation / dépersonnalisation. 

Je n’ai jamais trop fait de « crise d’angoisse » car je n’ai jamais eu l’impression que cela se manifestait par crises, mais par contre, par une impression constante de ne pas être présente, d’être dans un rêve, que j’allais me réveiller et que tout était faux… 

Bref, quand les symptômes sont apparus, ben forcement j’ai eu peur, je me suis dit  » je vais devenir folle, je vais pas pouvoir me contrôler, je vais mourir et surtout, à qui je vais en parler pour être comprise! ». Ce qui m’a amenée à consulter tous les psy de la région (bon j’exagère un peu) pour leur expliquer: « je ne comprends pas ce qui m’arrive, je me sens perdue ». Pour qu’ils finissent par me dire: c’est de l’angoisse! SUPER!!! Je venais de payer 70 balles pour qu’ils me disent tout ce que je savais déjà !

J’ai fait à peu près 3 grosses périodes de déréalisation / dépersonnalisation pour une durée de  3 mois à peu près.

Comment le trouble se manifestait chez toi ? 

Mes symptômes principaux : une impression d’être déconnectée, d’être dans un rêve, de réfléchir tout le temps à mon état, de n’être pas présente, comme « défoncée », de ne pas vivre les moments. Être constamment dans l’hyper contrôle de mon attitude, à vérifier mes faits et gestes pour vérifier si tout était normal. J’étais constamment entrain de m’auto analyser.

Le plus difficile à vivre, c’était la peur de rester bloquée dans cet état à vie, la peur de perdre le contrôle, de devenir folle et de finir en hôpital psychiatrique, j’étais convaincue que j’avais quelque chose de grave… Bref, la totale. 

Comment as-tu mis en place le processus de guérison ?  As-tu eu des prises de consciences sur la manière dont fonctionnait ton trouble, et mis des choses en pratique suite à ces déclics ? 

Oui, j’ai vite compris que : angoisse = peur = déréalisation / dépersonnalisation = peur = dépression. Donc il fallait FAIRE des choses pour oublier cet état. 

Je me suis mise à l’action pour sortir la tête de l’eau. Je me suis mise à m’inscrire dans une association SPA, à écrire, à revoir mes copains, à me forcer à aller à la bibliothèque pour me sortir les idées. Progressivement, l’angoisse à diminué et le symptômes sont partis. Logique.

J’ai aussi commencé par essayer de me rassurer moi même. Memo technique, je me répétais des phrases « amour, confiance, sérénité » dès que j’étais entrain de cogiter sur mes angoisses. Faut éviter l’auto analyse. J’ai aussi lu des livres qui parlent de l’angoisse : Christophe André, Les aventures de Socrate de Dan Millman, Le pouvoir de l’intention, Vivez dans la lumière de Paolo Coello, bref tout un tas de bouquins qui m’ont appris énormément sur moi et à avoir confiance en moi.  C’est vraiment ça la clé, il faut se refaire confiance.

Je pense que les personnes angoissées, soit elles développent des crises d’angoisses,  des tocs,  de l’agoraphobie,… mais ce ne sont que des symptômes d’angoisse, et non une pathologie GRAVE (ex : schizophrénie). Les personnes qui font de la déréalisation / dépersonnalisation sont dans une PEUR tellement grande que l’esprit  se déconnecte pour moins souffrir. C’est une forme d’autodéfense du cerveau qui dit : « OULA, TU STRESSES TROP, allez je vais me déconnecter pour ne plus ressentir quoi que ce soit ». Le cerveau met l’esprit en déréalisation / dépersonnalisation, comme un mode « sans émotion, blindé ». C’est le mécanisme de défense de notre cerveau qui passe en mode PAUSE, c’est peut-être bizarre mais il nous aide en quelque sorte à ne plus souffrir de l’angoisse. 

Le tout est de comprendre le schéma pour l’enrayer, et surtout de se dire que ce n’est pas grave…Fondamentalement, le cerveau fait ça pour nous aider en fait, et nous on bloque, donc c’est pire. Il faut comprendre que cette sensation n’est pas figée dans le temps et qu’il faut juste ne pas angoisser face à cette SENSATION. Moins on focalise dessus, plus on lâche prise et on se fait confiance, plus les symptômes s’en vont. Tous les symptômes disparaissent à partir du moment où on n’y pense plus, et que nous défocalisons de « notre petite personne », il faut VIVRE, arrêter de ruminer, de cogiter, de ressasser et FAIRE, AGIR. 

Comment te sens-tu aujourd’hui ? As-tu récupéré une vie vraiment normale ? 

Je suis guérie complètement, je vais très bien et je n’ai plus du tout de symptômes parce que je n’y pense plus, et que je VIS simplement sans avoir PEUR. Bien entendu, à partir du moment où on enraye le mécanisme, tout redevient normal parce que justement on acquiert confiance en soi et on revit. On oublie l’hyper-contrôle donc plus de déréalisation / dépersonnalisation.

Je tiens à préciser que pour moi, tout commence par une angoisse latente, un malaise au quotidien, une situation qui ne me convient pas et que je tolère, mais qui ne me plait pas. Un peu comme si je mettais mes émotions sous couvercle ou dans un bocal, je deviens hermétique à toute émotion positive. Après survient la peur face à cette situation qui ne me convient pas, les questions incessantes, le pourquoi du comment, et ensuite survient l’angoisse, le ruminement incessant. Et les symptômes de déréalisation / dépersonnalisation arrivent et c’est l’engrenage.

On s’en sort complètement de ces phases. Il faut apprendre à se connaître pour éviter de retomber dans l’angoisse et la déréalisation / dépersonnalisation. Dès qu’on se sent angoissé, stressé, qu’on commence à être hyper vigilant sur soi, il faut stopper. En bref, il faut agir et FAIRE des choses.

Aussi difficile qu’elles soient, ces périodes de mauvais mood nous permettent, quand elles sont terminées, d’évoluer d’un point de vue connaissance de soi. Je suis convaincue qu’une période comme cela permet d’évoluer et de se dépasser. D’acquérir des outils pour guérir LE problème de base, qui n’est que L’ANGOISSE. 

Quel serait le meilleur conseil que tu pourrais donner aux personnes qui essayent de guérir de la déréalisation / dépersonnalisation ? Quelle serait ta parole la plus rassurante ?  

Que vous n’êtes pas SEUL, beaucoup de personnes vivent des choses liées à l’angoisse…  Beaucoup de gens ont surmonté ces épreuves, dans le fond y’a rien de grave !

Il faut réussir à se faire confiance, à retrouver du plaisir dans le quotidien à braver ses angoisses…moi quand j’étais en pleine déréalisation, j’osais à peine sortir, par peur qu’il m’arrive quelque chose, parce que l’angoisse me mettait dans un état de déconnexion. Mais à partir du moment où on brave nos peurs et qu’on est dans l’action, du coup on fait des petits pas vers la liberté d’être soi.

Quand on est dans l’angoisse, on n’écoute que soi et pourtant c’est là où il faut sortir, écouter d’autres gens, faire d’autres choses, OSER, SOURIRE. Lire, regarder des vidéos YouTube, aller boire un verre avec des potes. Sortez-vous la tête. FAITES, et même si ça parait débile et que la foi n’y est pas, faites quelque chose qui vous réveille. Arrêtez de cogiter, laissez le poisson faire le tour de bocal pendant que vous, vous faites des choses pour vous.

Petit pas par petit pas, les jours deviennent meilleurs, ne culpabilisez pas. Il faut agir, sortir de son mental. Le mental c’est bien, mais à partir du moment où il est dans l’hypervigilance, il crée des symptômes, il faut le remettre à sa place.

Je pense qu’un très bon pilier pour sortir de cet état c’est mettre en place des choses anti-déprime. Donc let’s go!!

Encore un grand merci Lucile d’avoir accepté de nous partager ton témoignage de guérison, ton histoire est super inspirante 🙂

Si vous souhaitez discuter personnellement avec Lucile, vous pouvez m’exprimer votre demande par message privé. 

Si vous avez envie, vous aussi, de partager votre histoire de guérison, n’hésitez pas à me contacter. Le net manque cruellement de témoignages positifs en rapport avec la déréalisation / dépersonnalisation et cela freine trop souvent la confiance de ceux qui essayent de s’en sortir. Merci 🙂 

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3 réflexions sur “Déréalisation / dépersonnalisation : le témoignage de guérison de Lucile

  1. Séverine dit :
    Avatar

    Bonsoir,
    Je passe beaucoup de temps a lire des articles mais c’est la première fois que je poste un commentaire…c’est un soulagement de voir que je ne suis pas la seule à vivre ça ! J’ai 48 ans et depuis environ 9 ans , je vais voir regulièrement mon médecin traitant pour lui expliquer mes symptomes , ce qui ne va pas chez moi . Je ne suis jamais malade , donc j insistais en lui disant que si je venais c’est que j’étais vraiment pas bien …à part vouloir me mettre sous antidépresseurs et me dire que je fesais un burnout, mais moi je savais que ce n’était pas ça !!! J ai decouvert il y a seulement 6 mois le terme DP/DR dans un livre que m’avait conseillé mon psy . Et la révélation !!! je me suis dit : mais c’est moi ! je me suis retrouvée à 200% dans les symptomes…enfin je pouvais mettre un mot sur mon mal .
    Mais malheureusement je ne trouve pas la solution pour en sortir. Jai des périodes ou je se sort la tete de l’eau mais au moindre stress je replonge. Je me bats en permanence , ma vie est un combat de tous les jours. Je voudrais tellement retrouver ma vie d avant ou j’etais bien tout simplement.

  2. Véronique Blandin dit :
    Avatar

    Bonjour
    Effectivement il est très réconfortant de lire les témoignages et de se rendre compte que ces sensations peuvent être ressenties par d autres et reconnaître des symptômes est rassurant
    Mais cela ne soigne pas
    Peut on voir un psychiatre plutôt qu’un psychologue ? Et si oui quelqu’un a t il une adresse d’un thérapeute spécialisé dans ces trouves de dépersonalisation/déréalisationsur Paris ou région parisienne, essonne plus particulièrement
    Un psychiatre serait remboursé un ptit peu par la sécurité sociale
    Merci de vos conseils

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