mourir d'une crise d'angoisse

Peut-on mourir d’une crise d’angoisse ?

Le symptômes d’une crise d’angoisse peuvent parfois être si effrayants qu’on a l’impression qu’on va mourir. Cette pensée induit évidemment encore plus de peur face à la crise, ce qui intensifie encore plus les symptômes. Dans cet article, je vais vous expliquer la raison pour laquelle vous ne risquez rien lors d’une crise d’angoisse, et surtout pas en mourir ! 🙂 

 

Le système Lutte-Fuite

Imaginez-vous en plein milieu de la savane en train de vous prélasser au bord d’un plan d’eau. Soudainement, un lion apparaît dans votre champ de vision.

Lorsque notre cerveau perçoit un danger dans notre environnement, il va immédiatement activer tout un tas de réponses physiologiques pour préparer notre corps à lutter ou à fuir. L’objectif est de mobiliser rapidement un maximum d’énergie pour optimiser les capacités physiques et mentales, et ainsi augmenter nos chances de survie face au danger. 

C’est ce que l’on appelle le système lutte-fuite. C’est ce même système qui s’active lorsqu’on fait une crise d’angoisse (le corps ne fait pas la différence entre un danger réel ou imaginaire).

Voici quelques unes des réponses physiologiques activées par le système lutte-fuite : 

  • Le rythme respiratoire s’accélère pour augmenter l’apport en oxygène au corps. Cette hyperventilation est à l’origine de beaucoup de symptômes désagréables liés aux crises d’angoisse. Elle explique notamment la sensation d’étouffement ou d’oppression au niveau de la poitrine qu’on ressent souvent, causée par une respiration thoracique, trop courte et superficielle. De plus, nous respirons trop d’oxygène et celui-ci n’est pas consommé par le corps pour fuir ou lutter. Nous nous retrouvons donc avec un surplus d’oxygène dans le corps, ce qui peut causer des sensations d’irréalité (voir mon article sur la déréalisation / dépersonnalisation),  des vertiges, une vision brouillée, etc.
  • Le rythme cardiaque s’accélère également, pour permettre une meilleure irrigation des muscles. 
  • La transpiration est stimulée. Elle a pour fonction de réguler la température du corps lors d’un effort intense.
  • Tout l’énergie étant mobilisée pour les fonctions essentielles à la survie immédiate, les fonctions non vitales sont ralenties (digestion, sexualité). Ceci explique pourquoi les angoisses s’accompagnent souvent de maux de ventre, d’une perte d’appétit et / ou d’une baisse de la libido.

Sans ce mécanisme adaptatif, l’espèce humaine n’aurait pas pu se défendre face aux dangers et se serait éteinte il y a déjà bien longtemps.

 

La crise d’angoisse : une mauvaise interprétation de ces symptômes

Imaginez que vous venez tout juste d’échapper à un accident de voiture. Votre cerveau a perçu un danger et a activé le système lutte fuite (le cœur bat un peu plus vite, la respiration s’accélère, les mains deviennent moites, etc). Pourtant, il est fort probable que vous ne portiez même pas attention à ces symptômes puisque vous les considérez  comme justifiés. Pour vous, ils sont juste une réaction normale de la peur.

Pendant une crise d’angoisse, votre corps active exactement les mêmes réponses physiologiques. Mais lorsque nous ressentons les premiers symptômesnous ne comprenons pas ce qu’il se passe puisque le danger était seulement imaginaire. Ainsi nous en faisons une mauvaise interprétation : nous pensons que quelque chose de dangereux se passe dans notre corps. En fait, c’est comme si nous percevions le système lutte-fuite lui-même comme un danger. Du coup, le système s’emballe ! 

 

La crise d’angoisse = un mécanisme DESTINÉ à votre survie

Maintenant, vous comprenez la raison pour laquelle on ne peut pas mourir d’une crise d’angoisse : c’est parce qu’il s’agit d’un mécanisme de SURVIE. En fait, c’est comme si on avait peur de mourir d’un mécanisme qui est justement destiné à notre vie, vous voyez un peu le non-sens 😉 

Ainsi, tous les symptômes désagréables qui se déclenchent dans votre corps lors d’une crise d’angoisse, ces symptômes dont vous avez si peur et que vous interprétez comme le signal que vous allez mourir, sont en fait justement destinés à préserver votre VIE !

Une crise d’angoisse peut être effrayante et très désagréable, mais elle est tout sauf dangereuse ! La seule chose que vous risquez, c’est de passer un mauvais quart d’heure. Une fois que le corps a mobilisé toutes ses ressources, il s’épuise et la crise finit toujours par redescendre.

Vous avez sûrement remarqué que la plupart du temps, ce qui déclenche la crise d’angoisse c’est …. la peur de faire une crise d’angoisse ! Apprendre à en avoir moins peur est donc une étape essentielle pour accéder à la guérison.  

Alors, à la prochaine crise qui pointe le bout de son nez,  plutôt que d’entrer dans des interprétations catastrophiques de vos symptômes, essayez de juste les prendre pour ce qu’ils sont :  une activation de réactions physiologiques du corps pour se préserver. Ne plus avoir peur de la crise, c’est déjà 70 % travail qui est fait 🙂

 

Voilà, j’espère de tout cœur que cet article va vous aider à mieux comprendre le mécanisme d’une crise d’angoisse et à en avoir moins peur. Si c’est le cas, n’hésitez pas à me le dire dans les commentaires 🙂

 

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